{"id":9751,"date":"2020-10-11T03:21:04","date_gmt":"2020-10-11T03:21:04","guid":{"rendered":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/?p=9751"},"modified":"2020-10-03T23:56:11","modified_gmt":"2020-10-03T23:56:11","slug":"prostituee-kairouan","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/2020\/10\/11\/prostituee-kairouan\/","title":{"rendered":"Prostitu\u00e9e Kairouan"},"content":{"rendered":"<p>Elle me tient pour toujours, je le sais. Voil\u00e0 le sens de cette heure heureuse, moi et la couleur ne faisons quun. Je suis peintre. Au milieu du si\u00e8cle dernier, la ville de Kairouam Mad\u00eenat al-Qayraw\u00e2n \u00e9tait form\u00e9e de six quartiers dont la moiti\u00e9 \u00e9tait situ\u00e9e intra-muros. Ce noyau central comprenait Houmat al-J\u00e2mi ou quartier de la Grande Mosqu\u00e9e, Houmat al-Marr ou quartier du Passage et Houmat al-Achr\u00e2f ou quartier de la noblesse religieuse. Lensemble de ces trois quartiers houma-s constituait, selon les documents administratifs et fiscaux du xixe si\u00e8cle1, le Kairouan entour\u00e9 de remparts al-Qayraw\u00e2n al-muhawataj. Au lendemain de linstallation du protectorat fran\u00e7ais sur le sol tunisien en 1881, cet ancien espace urbain se trouve d\u00e9sign\u00e9 par le nom arabe et francis\u00e9 de. M\u00e9dina mad\u00eena, vulgo: md\u00eena, par opposition \u00e0 la nouvelle ville dite europ\u00e9enne qui \u00e9merge \u00e0 Kairouan d\u00e8s la fin du xixe si\u00e8cle et qui sera doubl\u00e9e, plus tard, dune p\u00e9riph\u00e9rie urbaine. Rappelons que depuis sa cr\u00e9ation, Shams na pas cess\u00e9 de faire pol\u00e9mique quant \u00e0 sa l\u00e9galisation suite aux contestations dune autorisation jug\u00e9e notamment dangereuse pour la paix sociale, par un ancien ministre et d\u00e9put\u00e9 Ennahdha.  You can email the site owner to let them know you were blocked. Please include what you were doing when this page came up and the Cloudflare Ray ID found at the bottom of this page. Les enqu\u00eateurs ont indiqu\u00e9 avoir un enregistrement vid\u00e9o. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.more.wfcrimewatch.com\/upload\/news\/first\/5b92360e967d31.78650497.jpg\" alt=\"prostitu\u00e9e kairouan\" align=\"center\"> Saleh, a une soixantaine dann\u00e9es au compteur, dont la moiti\u00e9 pass\u00e9e dans les ruelles du quartier r\u00e9serv\u00e9, en tant que souteneur. Cest avec une vive \u00e9motion quil \u00e9voque ses pensionnaires. Tomb\u00e9 amoureux de lune dentre elles, il a fini par l\u00e9pouser, et avoir avec elle trois enfants. Saleh nest pas lunique maquereau dAbdallah Guech. Il est cependant le plus connu dentre eux, et sans doute le plus proche des prostitu\u00e9es. Il racontera le destin tragique dune putain assassin\u00e9e dans sa chambre, apr\u00e8s lamour, sous les coups de couteaux de son amant r\u00e9gulier, un boucher aveugl\u00e9 par sa passion d\u00e9vorante. Un incident gu\u00e8re isol\u00e9. Nombreuses sont les travailleuses du sexe \u00e0 \u00eatre la cible dagressions criminelles et dactes de violence. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Kais Saied, mais aussi la pr\u00e9sidence, ont ignor\u00e9 les d\u00e9clarations provocantes du maire du Kram, le tr\u00e8s controvers\u00e9 avocat.. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/cdn1_3.reseaudescommunes.fr\/cities\/574\/images\/8u1vdwmuhhfxa11.jpg\" alt=\"prostitu\u00e9e kairouan\" align=\"left\"> <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.africa2trust.com\/a2t\/FactsImgs\/tnmainmap.jpg\" alt=\"prostitu\u00e9e kairouan\" align=\"left\"> A sa sortie de prison, le 1er ao\u00fbt dernier, elle a ras\u00e9 ses cheveux. Une nouvelle coupe pour une nouvelle vie.. \u00c0 Paris. Pourtant, dans les rues du quartier de Belleville, un salafiste la reconnue et insult\u00e9e. Plus tard, une Tunisienne est tomb\u00e9e dans ses bras : Je vous ai soutenue, vous \u00eates formidable! aura beau changer de look, de coiffure, son regard la trahira toujours. Un regard profond, intense. Ce regard qui d\u00e9fie le monde entier, en mars dernier, quand sur Facebook apparaissent les photos de cette inconnue aux seins nus. Des seins o\u00f9 elle a calligraphi\u00e9 : Mon corps mappartient, il nest lhonneur de personne.   Rencontre Femme Kairouan-Site de rencontre gratuit Kairouan Academia.edu no longer supports Internet Explorer. 2016 Minist\u00e8re de lInt\u00e9rieur. Les informations propos\u00e9es sur ce site sont, sauf indication contraire, mises \u00e0 disposition selon les termes de la Licence internationale Creative Commons Attribution 4.0. Malgr\u00e9 tout le soin apport\u00e9 par nos \u00e9quipes \u00e9ditoriales et techniques \u00e0 la r\u00e9daction et la mise en ligne des documents, des erreurs typographiques ou des inexactitudes techniques ne peuvent \u00eatre exclues. Le minist\u00e8re de lInt\u00e9rieur se r\u00e9serve le droit de les corriger \u00e0 tout moment d\u00e8s quelles sont port\u00e9es \u00e0 sa connaissance. Cet article est une version traduite et abr\u00e9g\u00e9e de notre. H\u00f4tel inclus dans un circuit tr\u00e8s bien dailleurs! je nai aucune notion de rapport qualit\u00e9prix. Tout est moyen: la restauration sauf le petit d\u00e9jeuner franchement mauvais, pain rassi et biscuit sous vide, la piscine, la vue, les chambres, laccueil. Avant publication, chaque avis passe par notre syst\u00e8me de suivi automatis\u00e9 afin de contr\u00f4ler sil correspond \u00e0 nos crit\u00e8res de publication. Si le syst\u00e8me d\u00e9tecte un probl\u00e8me avec un avis, celui-ci est manuellement examin\u00e9 par notre \u00e9quipe de sp\u00e9cialistes de contenu, qui contr\u00f4le \u00e9galement tous les avis qui nous sont signal\u00e9s apr\u00e8s publication par notre communaut\u00e9. Les avis sont affich\u00e9s dans tous les classements chronologiquement. Contr\u00f4le des avis Historienne : A l\u00e9poque ant\u00e9-islamique et m\u00eame par la suite non du fait du Coran, plut\u00f4t \u00e0 cause du poids des traditions, les femmes \u00e9taient domin\u00e9es par les hommes, un homme pouvant \u00e9pouser \u00e0 sa guise et en m\u00eame temps le nombre de femmes quil voulait. Les femmes d\u00e9pendaient donc souvent du mari pour survivre ; de la m\u00eame mani\u00e8re, il pouvait aussi en r\u00e9pudier autant quil voulait, la r\u00e9pudiation dune femme par son \u00e9poux la laissant sans droits et sans recours. Assez vite, ces femmes r\u00e9pudi\u00e9es qui d\u00e9pendaient de leur \u00e9poux pour vivre, se retrouvaient dans la mis\u00e8re. Lorsquelles ne tombaient pas en esclavage dans le strict sens du mot, elles se livraient \u00e0 la prostitution qui est une forme terrible desclavage. La prostitution \u00e9tait donc exerc\u00e9e par des femmes libres, c\u00e9libataires, veuves ou divorc\u00e9es que la mis\u00e8re contraignait \u00e0 faire commerce de leur corps, mais principalement par des esclaves travaillant pour leurs ma\u00eetres. En fait, le Coran ne condamne pas express\u00e9ment la prostitution, mais se borne plut\u00f4t \u00e0 interdire dy contraindre une femme : il interdit la r\u00e9tribution de la courtisane et les produits de la prostitution, moyen d\u00e9tourn\u00e9 de prohiber une activit\u00e9 jug\u00e9e peu honorable, mais finalement consid\u00e9r\u00e9e comme un mal n\u00e9cessaire. La pr\u00e9cocit\u00e9 des mariages chez les Musulmans, qui pouvaient prendre quatre \u00e9pouses l\u00e9gitimes et autant de concubines que leur situation le permettait, aurait pu \u00eatre de nature \u00e0 limiter lamour v\u00e9nal. Cependant, bien des jeunes gens des milieux modestes ne pouvaient sinitier autrement, et le mariage l\u00e9gal impliquait des charges que les hommes du peuple n\u00e9taient pas toujours \u00e0 m\u00eame dassumer. Par ailleurs, linterdiction prononc\u00e9e par le Coran fut toujours ais\u00e9ment contourn\u00e9e par des prox\u00e9n\u00e8tes que lapp\u00e2t du gain attirait, tandis que les facilit\u00e9s de r\u00e9pudiation jetaient \u00e0 la rue des femmes qui navaient pas toujours la possibilit\u00e9 de retourner dans leurs familles. De fait, la prostitution na jamais cess\u00e9 d\u00eatre florissante dans les pays musulmans notamment du fait des nombreuses esclaves, m\u00eame si la police les pourchassait, les promenant en ville apr\u00e8s avoir eu la t\u00eate ras\u00e9e et elles \u00e9taient enterr\u00e9es dans un coin sp\u00e9cial des cimeti\u00e8res. La galanterie fut de tout temps plus ou moins tol\u00e9r\u00e9e, mais m\u00eame souvent reconnue par les autorit\u00e9s et soumise \u00e0 des taxes qui alimentaient le tr\u00e9sor public. Il y avait ainsi des maisons publiques dans les divers villes islamiques un lupanar \u00e0 Suse Iran se situait pr\u00e8s de la mosqu\u00e9e ; on pouvait mettre aux ench\u00e8res les faveurs des filles publiques. Mais il existait bien des prostitu\u00e9es ind\u00e9pendantes, qui pour attirer lattention, avaient souvent la poitrine nue, \u00e0 limage des prostitu\u00e9es sacr\u00e9es, connues en M\u00e9sopotamie et en Inde, r\u00e9gions avec lesquelles la p\u00e9ninsule arabique commer\u00e7ait et avait des \u00e9changes culturels et humains intenses. Nous savons, \u00e0 partir des sources de lInquisition de Mod\u00e8ne 1580-1620, que les femmes accus\u00e9es de prostitution l\u00e9taient moins pour leurs activit\u00e9s prostitutionnelles que pour leurs performances rituelles li\u00e9es \u00e0 un savoir sur lamour dont elles \u00e9taient les seules d\u00e9tentrices incantations, conjurations et oraisons. De m\u00eame, lislam orthodoxe des oul\u00e9mas nord-africains saccommodait mal des pratiques magico-religieuses des filles soumises prostitu\u00e9es r\u00e9glement\u00e9es. Dans le Maghreb du milieu du XIX\u00e8 au milieu du XX\u00e8 si\u00e8cle, les prostitu\u00e9es se situaient \u00e0 la crois\u00e9e de la tradition et de la modernit\u00e9, du visible et de linvisible, du permis et de linterdit. Les prostitu\u00e9es \u00e9taient en effet souvent en rupture avec les obligations coraniques. Globalement indiff\u00e9rentes aux piliers de lIslam, elles naccomplissaient pas les cinq pri\u00e8res journali\u00e8res, ne pratiquaient pas limp\u00f4t rituel zaka et ne respectaient pas le ramadan il y avait ainsi une forte intensit\u00e9 de la vie sexuelle des prostitu\u00e9es du quartier r\u00e9serv\u00e9 de Casablanca pendant le mois de je\u00fbne, ces derni\u00e8res continuant de manger et de boire normalement. Par contre, les filles soumises du quartier r\u00e9citaient la profession de foi musulmane shahada et elles pratiquaient laide ponctuelle aux indigents sadaqa. Les rues et les quartiers r\u00e9serv\u00e9s \u00e9taient dailleurs fr\u00e9quent\u00e9s, dans lensemble du Maghreb, par de nombreux mis\u00e9reux qui vivaient des lib\u00e9ralit\u00e9s des filles soumises. En somme, les prostitu\u00e9es conservaient un rapport quotidien, mais s\u00e9lectif, \u00e0 la religion. Un rapport qui saccommodait surtout de leurs conditions de vie et de travail \u00e0 lint\u00e9rieur des espaces r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la prostitution. Dire la shahada, pratiquer la sadaqa et lentraide, \u00e9tait une mani\u00e8re simple et non contraignante d\u00eatre dans lIslam et de continuer \u00e0 appartenir \u00e0 la communaut\u00e9 des croyants oumma. Donc de repousser la marginalit\u00e9 impos\u00e9e par le r\u00e9glementarisme colonial et dune certaine mani\u00e8re aussi par la religion officielle des juristes musulmans fuqaha. Dans cette entreprise, les prostitu\u00e9es formaient une alliance informelle avec les zaou\u00efas angle ou coin dune maison ; au d\u00e9but, la zaou\u00efa ne semble avoir \u00e9t\u00e9 que le nom donn\u00e9 \u00e0 la rabita ermitage o\u00f9 se retire un saint, mais par extension, la zaou\u00efa, cest aussi loratoire, les salles de r\u00e9union, les cellules des disciples et des \u00e9tudiants, la protection des bandits, des voleurs et des prostitu\u00e9es \u00e9tant chose commune et fr\u00e9quente dans les zaou\u00efas maghr\u00e9bines pr\u00e9coloniales. Alliance logique puisque certaines zaou\u00efas, comme celle de Sidi Rahhal, \u00e9taient renomm\u00e9es pour se livrer \u00e0 la prostitution sacr\u00e9e, tout comme la zaou\u00efa de Sidi Ben Arous \u00e9tait de m\u00eame consid\u00e9r\u00e9e comme un lieu de d\u00e9bauche f\u00e9minine. En effet, la prostitution n\u00e9tant en Islam ni un m\u00e9tier ni une activit\u00e9 commerciale, on ne l\u00e9gif\u00e9ra pas dessus mais on y apportait des solutions daccompagnement. \u00c0 cette protection revendiqu\u00e9e au sein de lespace sacr\u00e9 du sanctuaire haram sajoutait aussi une proximit\u00e9 g\u00e9ographique certaine, en totale opposition avec la centralit\u00e9 islamique des ul\u00e9mas en g\u00e9n\u00e9ral, les quartiers r\u00e9serv\u00e9s \u00e9taient localis\u00e9s \u00e0 loppos\u00e9 de la grande mosqu\u00e9e, point axial de la cit\u00e9 islamique. \u00c0 Kairouan, les rues et quartiers r\u00e9serv\u00e9s \u00e9taient souvent situ\u00e9s pr\u00e8s des zaou\u00efas et la moiti\u00e9 des maisons de prostitution \u00e9taient \u00e9rig\u00e9es en biens religieux habous. En g\u00e9n\u00e9ral, les prostitu\u00e9es \u00e9taient symboliquement d\u00e9sign\u00e9es par le nom du saint du quartier o\u00f9 elles officiaient les filles de Sidi Abdallah Gu\u00e8che par exemple. De cette proximit\u00e9 g\u00e9ographique naissait une sorte dintimit\u00e9 de situation et de sensibilit\u00e9. Souvent marqu\u00e9s dun sceau d\u00e9tranget\u00e9 folie, pauvret\u00e9, infirmit\u00e9, les saints et les marabouts parlent en effet un langage que les filles publiques comprennent. Au point que certaines prostitu\u00e9es nh\u00e9sitaient pas \u00e0 se faire tatouer sur le corps des motifs rappelant le rapport privil\u00e9gi\u00e9 quelles entretiennent avec un saint. Bien quelles sadonnaient \u00e0 la zina \u00e0 la fornication, au kif, \u00e0 lalcool, et aux jeux de hasard, les prostitu\u00e9es se sentaient, \u00e0 juste titre, prot\u00e9g\u00e9es par le droit dasile des zaou\u00efas et rachet\u00e9es par le droit dhumanit\u00e9 des saints et des marabouts. Cet \u00e9tonnant lien entre profane halal lill\u00e9galisme sexuel des filles et sacr\u00e9 haram le monde des zaou\u00efas, \u00e9tait apparemment quotidien et continu. De m\u00eame, une prostitu\u00e9e pouvait rendre visite \u00e0 une nouvelle mari\u00e9e, laider \u00e0 se parfumer, \u00e0 se farder, \u00e0 se mettre du henn\u00e9 La jeune personne sera aim\u00e9e, car la prostitu\u00e9e a entre ses sourcils, sept fleurs magiques qui attirent lamour. De m\u00eame, dans les petites villes tunisiennes, des prostitu\u00e9es, profitant dun statut souvent consid\u00e9r\u00e9 comme transitoire en attendant un mariage \u00e9ventuel, devenaient les initiatrices sexuelles des fils de la notabilit\u00e9 telles nos filles de noces dantan. Dans ce cas de figure, les filles soumises \u00e9taient invit\u00e9es aux f\u00eates de familles pour \u00e9gayer de propos libertins femmes et enfants et avaient ainsi une vie sociale tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e. Il existait donc bien une r\u00e9elle dichotomie entre la n\u00e9cessit\u00e9 apparente dint\u00e9grer ou de r\u00e9int\u00e9grer, \u00e0 lint\u00e9rieur de la communaut\u00e9, les individus prostitu\u00e9s et un m\u00e9pris profond pour les activit\u00e9s prostitutionnelles ce m\u00e9pris viendrait du fait que les prostitu\u00e9es sont en rupture avec la qayda, la base r\u00e8gle religieuse : les prostitu\u00e9es re\u00e7oivent de nombreuses sollicitations dhommes qui les m\u00e9prisent puisquelles ont rompu avec la qayda qui les veut voil\u00e9es, claustr\u00e9es et soumises \u00e0 lautorit\u00e9 du p\u00e8re ou du mari mais qui les incitent avec t\u00e9nacit\u00e9 \u00e0 la d\u00e9bauche. En Alg\u00e9rie d\u00e9barqu\u00e9e le 14 juin 1830, le 5 juillet les troupes fran\u00e7aises firent leur entr\u00e9e dans la forteresse dAlger, le dey capitula le jour m\u00eame, le monde des courtisanes et des concubines, celui des femmes libres auquel \u00e9tait attach\u00e9 ce groupe quon a cru faire dispara\u00eetre avec larr\u00eat\u00e9 du 12 ao\u00fbt 1830 qui classa les filles publiques en officielles et en clandestines, allait resurgir pour se r\u00e9organiser autour de la nouvelle \u00e9conomie touristique. Marginalis\u00e9es par le syst\u00e8me r\u00e9glementariste et stigmatis\u00e9es par ses agents, les filles soumises \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es de fait comme des exclues de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale dautant plus que la prostitution \u00e9tait per\u00e7ue comme une pratique qui perturbait lordre social de la soci\u00e9t\u00e9 coloniale, que lon voulait morale selon ses propres r\u00e9f\u00e9rents, les prostitu\u00e9es pouvant, elles aussi \u00e0 loccasion, grossir les rangs des m\u00e9contents et des contestataires, entretenant ainsi un lien entre pauvret\u00e9, d\u00e9sordre sexuel et s\u00e9dition sociale. Le r\u00e9gime colonial se dota donc dun certain nombre de moyens pour ma\u00eetriser, canaliser et surveiller cette pratique notamment \u00e0 cause des maladies v\u00e9n\u00e9riennes qui hantaient les esprits. Ainsi, au caf\u00e9 maure de Bou-Sa\u00e2da, des jeunes filles des Ouled Na\u00efl, couvertes de v\u00eatements et dornements bizarres, dansaient au son dune \u00e9trange musique pour les Blancs. Alors quauparavant c\u00e9tait au mezouard, un agent d\u00e9sign\u00e9 au temps de la p\u00e9riode ottomane, quil revenait dassurer la surveillance des filles publiques et de lever limp\u00f4t institution qui fut reconduite pendant quelques temps par ladministration coloniale, en 1850, jug\u00e9 archa\u00efque, ce syst\u00e8me fut remplac\u00e9 par la police des m\u0153urs. On affecta alors aux filles publiques un lieu sp\u00e9cifique, appel\u00e9 lAsile des Na\u00eflia, quon installa sur la place, bord\u00e9e dun c\u00f4t\u00e9 par les boutiques indig\u00e8nes, de lautre par le Commissariat de police et la maison d\u00e9cole : le quartier r\u00e9serv\u00e9 \u00e9tait n\u00e9. Organis\u00e9 autour dune cour centrale entour\u00e9e de seize \u00e0 dix-huit cabanons, dont chacun \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 loger deux femmes prostitu\u00e9es, il \u00e9tait nomm\u00e9 localement Beit el kabira la grande maison, terme qui d\u00e9signe en arabe une tribu de grande tente ou une grande famille. Le terme tabeg el kelb, la patte lev\u00e9e du chien, rappelle limage abjecte quavait engendr\u00e9e ce lieu. Un lieu qui resta, pendant longtemps, au centre de la vie \u00e9conomique et sociale de la cit\u00e9. Au d\u00e9but du XX\u00e8 si\u00e8cle, au moment de l\u00e9mergence de la bourgeoisie puritaine et du r\u00e9formisme religieux qui saffirm\u00e8rent avec l\u00e9volution urbaine de la cit\u00e9, on annexa au b\u00e2timent un dispensaire infirmerie-prison. Les filles publiques furent d\u00e9finitivement enferm\u00e9es dans ce nouvel espace, dont elles ne sortaient plus que sur autorisation. Au cours des ann\u00e9es 1930, la population de Bou-Saada atteignit 50 000 \u00e2mes : lurbanisation et leuphorie touristique aidant, la topographie de la prostitution allait d\u00e8s lors se modifier. Autour de Beit el kabira, d\u00e9plac\u00e9e sur les berges de loued, allaient s\u00e9tablir peu \u00e0 peu des maisons de tol\u00e9rance. Elles form\u00e8rent la rue de la tol\u00e9rance, appel\u00e9e commun\u00e9ment la rue des Ouled Na\u00efl la m\u00e9moire \u00e9voque plut\u00f4t, zgag el qanqi, la rue de la Lanterne, qui fut lune des premi\u00e8res \u00e0 \u00eatre \u00e9clair\u00e9e. La rue des Ouled Na\u00efl \u00e9tait, \u00e0 Bou-Saada, la plus anim\u00e9e de la ville. En apparence bien s\u00fbr, puisque la rue de lamour et de la joie \u00e9tait aussi un lieu de mort et de bagarres, il ne se passait pas un jour sans que la police ou larm\u00e9e ninterviennent. En 1932, une bagarre entre clients qui se disputaient les faveurs dune prostitu\u00e9e d\u00e9g\u00e9n\u00e9ra en une v\u00e9ritable r\u00e9volte qui souleva presque toute la ville. Ladministration centrale avait m\u00eame cru \u00e0 une r\u00e9bellion populaire suscit\u00e9e par les nationalistes. Le Gouverneur G\u00e9n\u00e9ral y d\u00e9p\u00eacha une commission pour enqu\u00eater, le lieu de lamour v\u00e9nal \u00e9tant de nouveau au centre de la cit\u00e9, les voies y conduisant furent mur\u00e9es. Une mani\u00e8re de d\u00e9noncer linfamie et de sen distancer comme \u00e0 Alger, o\u00f9 faute de disposer dun espace propre \u00e0 la prostitution, linscription Maison honn\u00eate au frontispice des maisons indiquait la fronti\u00e8re \u00e0 ne pas franchir ; ou encore \u00e0 Tunis, o\u00f9 les portes des filles publiques \u00e9taient marqu\u00e9es dune teinte rouge. A Bou-Saada, le recrutement se faisait d\u00e8s le jeune \u00e2ge, au sein de la famille, du village ou de la tribu Yamina, \u00e0 la redoutable r\u00e9putation, avait mis \u00e0 son service toutes ses s\u0153urs et ses ni\u00e8ces. Pour les filles, le choix \u00e9tait limit\u00e9 : naissant et vivant au quartier r\u00e9serv\u00e9, lavenir \u00e9tait assur\u00e9, le m\u00e9tier de maman \u00e9tant le seul mod\u00e8le \u00e0 suivre. Quant au gar\u00e7on, il devait apprendre un m\u00e9tier en relation avec le milieu Shaush \u00e9tait le m\u00e9tier le plus pris\u00e9, le gar\u00e7on administrait alors les biens de sa m\u00e8re, de sa s\u0153ur ou de ses tantes. Linitiation \u00e0 la danse, point dentr\u00e9e dans la prostitution, exigeait un v\u00e9ritable apprentissage. Il sagissait l\u00e0 de prostitution traditionnelle, en opposition \u00e0 la prostitution sacr\u00e9e longtemps tenue pour \u00eatre \u00e0 lorigine de la prostitution en Alg\u00e9rie. Lentreprise familiale ainsi b\u00e2tie, son chef n\u00e9tait autre que la dame de maison selon le r\u00e8glement. Elle agissait en v\u00e9ritable patron face \u00e0 ladministration qui lui imposait un r\u00e8glement et exigeait delle des taxes. Cest ainsi que ladministration a \u00e9t\u00e9 confort\u00e9e dans son r\u00f4le, rassur\u00e9e quant aux aptitudes de ses recrues. La vie quotidienne \u00e9tait organis\u00e9e selon un calendrier \u00e9tabli par ladministration : les samedis et dimanches \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s exclusivement aux militaires pour \u00e9viter tout incident avec la client\u00e8le civile. Le mardi, jour de march\u00e9 \u00e0 Bou-Sa\u00e2da, \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux clients civils, voyageurs et commer\u00e7ants de passage. Le reste de la semaine les prostitu\u00e9es recevaient surtout les citadins. Le programme dune journ\u00e9e commen\u00e7ait le soir o\u00f9, dans une premi\u00e8re partie, on assistait \u00e0 un spectacle banal. Et dans une deuxi\u00e8me partie, qui commen\u00e7ait tr\u00e8s tard, venait le spectacle des danseuses nues. Aucun r\u00e9pit n\u00e9tait accord\u00e9 \u00e0 la fille publique de Bou-Sa\u00e2da, puisquelle \u00e9tait \u00e9galement sollicit\u00e9e par ladministration pour animer les festivit\u00e9s officielles : on ne manquait pas le 14 Juillet, lorsque les filles publiques, dans leurs palanquins si\u00e8ge install\u00e9 sur des bras inamovibles et port\u00e9 par des hommes dans les pays orientaux, d\u00e9filaient aux cot\u00e9s des militaires dans les rues de la cit\u00e9. Apr\u00e8s ce programme charg\u00e9, auquel la fille publique \u00e9tait soumise pendant ses ann\u00e9es de jeunesse, sa gloire pass\u00e9e, vieillie par le temps ou par lalcool, le tabac, et toutes sortes de boissons frelat\u00e9es qui faisaient partie des nouvelles pratiques adopt\u00e9es au quartier r\u00e9serv\u00e9, elle \u00e9tait abandonn\u00e9e. Avec plus de chance, certaines finissaient tenanci\u00e8res de maison de tol\u00e9rance. Parfois, les plus jeunes avaient la chance d\u00eatre choisies par un homme riche ou par un amant de c\u0153ur pour des \u00e9pousailles que le proph\u00e8te Mohammed autorise et m\u00eame recommande aux croyants. Cest un acte de bravoure quun musulman se doit de faire pour sortir une femme de la d\u00e9ch\u00e9ance m\u00eame sil y a davantage de m\u00e9pris port\u00e9 \u00e0 ces \u00e9pouses que de respect pour la bravoure de lhomme. Leur r\u00e9insertion au sein de la soci\u00e9t\u00e9 locale n\u00e9tait pas chose \u00e9vidente, ni acquise davance : elles y \u00e9taient admises ou r\u00e9admises \u00e0 travers des rites de passage. Elles devaient emprunter des savoirs aux \u00e9pouses-m\u00e8res celles dont les \u00e9pousailles supposent des alliances entre groupes, la cousine \u00e9tant la plus privil\u00e9gi\u00e9e, comme le tissage et la cuisine qui constituent un gage de reconnaissance. Conscientes de la fragilit\u00e9 de leurs atouts, elles cherchaient \u00e0 se replacer dans la soci\u00e9t\u00e9 comme bonnes m\u00e9nag\u00e8res. Les autres \u00e9pouses, quant \u00e0 elles, n\u00e9taient pas indiff\u00e9rentes \u00e0 la fa\u00e7on d\u00eatre de leurs nouvelles concurrentes, leur empruntant lart de lentretien du corps et de la s\u00e9duction. Ce sont l\u00e0 des \u00e9changes qui montrent combien la soci\u00e9t\u00e9 locale saccommodait de ses d\u00e9viantes : elle nencourageait pas la prostitution quelle stigmatisait par toutes sortes de m\u00e9thodes, verbales ou non, mais elle ne lexcluait pas compl\u00e8tement ; elle la tenait plut\u00f4t en respect. Au sein de la soci\u00e9t\u00e9 locale, prostitu\u00e9e ou pas, la femme restait marginalis\u00e9e, quelle soit dans la condition d\u00e9pouse-m\u00e8re pour assurer la descendance ou dans un statut de femme de plaisir pour que puissent \u00eatre assouvis les besoins sexuels masculins. Ballott\u00e9e entre deux soci\u00e9t\u00e9s, la femme indig\u00e8ne restait donc une laiss\u00e9e pour compte. Ces pratiques qui viennent d\u00eatre d\u00e9crites \u00e9taient m\u00e9pris\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 coloniale qui avait du mal \u00e0 les comprendre et \u00e0 les percevoir. Jusquau moment o\u00f9 la raison \u00e9conomique allait lemporter : LOuled Na\u00efl un terme g\u00e9n\u00e9rique qui englobait des statuts de courtisane, concubine, danseuse et prostitu\u00e9e allait r\u00e9pondre \u00e0 cette demande. Les traditions prostitutionnelles, m\u00e9pris\u00e9es parce que repr\u00e9sentatives dune soci\u00e9t\u00e9 arri\u00e9r\u00e9e, furent reprises pour le compte et dans le cadre dun tourisme folkloris\u00e9. Le syndicat dinitiative de Bou Saada ins\u00e9ra la rue des Ouled Na\u00efl dans son programme de visite comme une attraction touristique, et fit de la maison de tol\u00e9rance une maison de danse. Une mise en sc\u00e8ne dans laquelle la fille publique, consciente plus que jamais de son nouveau r\u00f4le, mit \u00e0 contribution tout son savoir-faire. Mais le commerce sexuel n\u00e9tait pas la seule chose vis\u00e9e, le syndicat dinitiative ayant introduit dans ses programmes des attractions essentielles, telles les soir\u00e9es mbita, nuit\u00e9es de chants et de danses : les filles publiques ex\u00e9cutaient, pour les touristes, des danses locales, telle la danse na\u00efli, accomplie par deux femmes qui vont et viennent en une d\u00e9marche glissante et l\u00e9g\u00e8re, ou la danse de la bouteille danse \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la tradition locale, qui fit son apparition pour la premi\u00e8re fois au quartier r\u00e9serv\u00e9, o\u00f9 la danseuse portait une bouteille dalcool en \u00e9quilibre sur sa t\u00eate. La danseuse ne pouvait se pr\u00e9senter \u00e0 son public et \u00e0 ses clients quaffubl\u00e9e du costume traditionnel, costume qui ne diff\u00e8re gu\u00e8re de celui des autres femmes. Mais il y avait bien s\u00fbr des spectacles plus attrayants, comme la danse nue : elle \u00e9tait ex\u00e9cut\u00e9e en seconde partie du programme de la soir\u00e9e, moyennant un suppl\u00e9ment aujourdhui, certaines anciennes danseuses comptent parmi les notables les plus fortun\u00e9es de la cit\u00e9. Finalement, ce tourisme du Ouled Na\u00efl reposait sur un mythe solidement \u00e9chafaud\u00e9 qui mit en \u00e9chec la loi fran\u00e7aise du 13 avril 1946 dite loi Marthe Richard relative \u00e0 la fermeture des maisons de tol\u00e9rance. Shams ajoute que le tribunal a d\u00e9cid\u00e9 dune mesure de bannissement de 5 ans de la ville de Kairouan \u00e0 lencontre des six pr\u00e9venus, qui devrait entrer en vigueur aussit\u00f4t quils auront accompli leurs peines de prison. Lex-star cycliste Ullrich arr\u00eat\u00e9 pour coups sur une prostitu\u00e9e Minist\u00e8re de lInt\u00e9rieur-Bureau des relations avec le citoyen Elles \u00e9taient oblig\u00e9es dattirer un certain nombre de clients pour quelles puissent partir en Italie clandestinement, en effet, le chef ce r\u00e9seau est aussi impliqu\u00e9 avec un r\u00e9seau dimmigration clandestine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>prostitu\u00e9e kairouan<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9751"}],"collection":[{"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9751"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9751\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9752,"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9751\/revisions\/9752"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9751"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9751"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/bowenelectric.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9751"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}